La journée du sac à main

Elle est encore en train de me chercher. Depuis notre arrivée, elle ne cesse de s’ingénier à me cacher, et me cherche, en ronchonnant !
Ce n’est pourtant pas son habitude, elle est si prévisible et ordonnée ; elle met toujours les objets à la même place, moi sur le meuble de l’entrée, mon ami porte-feuille dans la grande poche, à la grande désolation de l’étui à lunette qui aimerait le voir plus souvent. Ils s’entendent tellement bien ces deux là !
Mais un jour, sans crier gare, elle m’a gavé de tout un tas d’objets inconnus, m’a jeté dans la voiture et amené ici … Ce fut une bien étonnante journée !

Nous avons roulé toute la journée. Il faisait chaud, le chéquier a passé l’essentiel de son temps à refaire les comptes, ça l’occupait disait-il. l’étui à lunette n’a cessé de bayer, les clés ont beaucoup joué. Et, un vrai calvaire, l’agenda m’a raconté sa vie. Heureusement, il s’est fatigué et j’ai pu dormir un peu !
Une pause sur l’autoroute nous aurai laissé une forte odeur de frites si notre amie Coco, avec grand bonheur, n’avait trouvé une solution.
Et nous n’étions pas seuls ! Nous avons d’abord fait la connaissance d’une sorte d’étui en plastique gris souris, plein de boutons. Il nous a expliqué être une « télécommande », et donner des ordres à la boite qui fait du bruit régulièrement dans la maison, et dont elle nous a appris le nom : la télévision. Nous avons passé un grand moment à rire des anecdotes qu’elle nous racontait, car elle qui a la chance de vivre au grand air dans le salon, voit tout !
Il y avait aussi une sorte de boite en plastique noir, le « maître ruban »… Je n’ai pas compris en quoi il est maître … En tout cas, il est exigent et aime la précision. Quand il a été question de la promiscuité et du manque d’espace, il a donné toutes mes dimensions et les capacités du sac et de chacune des poches ! Lui, il est moins drôle !
Aucun des deux n’ont été capable de nous expliquer ce qu’ils faisaient là, ni ou nous allions.
Et finalement, la voiture s’est arrêtée.

Elle m’a réveillé brusquement, et sans ménagement, nous sommes entrés dans une petite maison, où elle m’a posé par terre, ce qui n’est pas dans ses habitudes! Elle a circulé dans la maison visitant chaque pièce, elle était assez satisfaite semble-t-il !
Elle s’agita soudain quand un camion arriva et le maître fut remis immédiatement au travail, ce qui l’enchanta !
Petit à petit, tout le contenu de l’appartement fut réinstallé. Notre nouvelle amie disparue et repris sa place au salon ; quel dommage, elle était tellement distrayante !
Toujours par terre, nous étions chauffés par le soleil comme jamais, la nature offrait de nouvelles odeurs, des bruits inconnus, répétitifs…. les gens d’ici ont des accents très chantant, forts agréables.
Il semble que nous ayons beaucoup de choses à comprendre et que notre train-train va voler en éclats.
Même pour un sac à main, une nouvelle vie qui commence est une grande aventure !