Polars, thrillers et autres suspens ….

Sous la dénomination « roman policier », se cache une grande variété de genres… Voici une sélection qui devrait permettre d’y voir plus clair.
– On fait remonter la naissance du genre policier aux trois nouvelles de Poe : « Double assassinat dans la rue Morgue », « Le Mystère de Marie Roget » et « La Lettre volée » (parues à partir de 1841, mais traduites en France en 1856). Dans la nouvelle société industrielle du XIX°s., le crime dans la jungle urbaine passionne.
Il se divise, au fil de l’histoire, en différentes catégories parfois poreuses : le roman policier, le roman d’énigme, le roman noir, le polar …

« On pense d’abord aux enquètes policières et judiciaires :

« Le roman policier est le récit rationnel d’une enquête menée sur un problème dont le ressort principal est un crime » Anthologie de la littérature policière / Georges Sadoul.

On peut y classer les livres de John Grisham (« L’allée du Sycomore »), de Jonathan Kellerman (« L’inconnu du bar »), de Karin Slaughter (« séduction ») ou de Jussi Adler-Olsen, un nouvel auteur de polar scandinave (« Dossier 64 » ou « Profanation »)
William Landay (« Défendre Jacob »), Inger Wolf ‘ »Mauvaises eaux ») ou Hervé Jourdain (« Le sang de la trahison ») ont produit des enquêtes pleines de rebondissements et de suspens.

Les romans d’enigme

se développent aussi au XIX°, avec un cadre plus resserré, sans mettre en danger la vie de l’enquêteur.
Il s’agit classiquement des auteurs anglais : avec bien sûr Sir Arthur Conan Doyle (« Les aventures de Sherlock Holmes »), mais aussi,Peter Robinson (« Face à la nuit »), Nicci French (« Maudit mercredi »), William Shaw (« Du sang sur Abbey road »), ou la série sur l’inspecteur Morse de Colin Dexter.
Lee Child propose, lui, un inspecteur viril, proche de l’Inspecteur Harry dans « La cause était belle » ou « 61 heures »

Le roman noir

Apparu au XIX° siècle aux Etats-Unis, où il rendait compte de la réalité sociale,
il se différencie par sa violence, la description tragique et pessimiste de la société. Il dénonce l’insécurité, la corruption politique et policière, le crime organisé, les trafics mafieux… Il utilise souvent l’argot des quartiers urbains où il se situe.
Parmi les auteurs historiques, on peut citer Dashiell Hammett, Jim Thompson, Chester Himes, Raymond Chandler, Ross McDonanld …qui dénoncent la corruption, la pègre et sa collusion avec le pouvoir politique. Pour les français, on peut citer Jean Amila (« Motus : », « Sans attendre Godot », « Noces de souffre ») et Léo Malet.

Le Polar

A partir des années 1970, le néo-polar, issu des idées post-68, se dégage des codes américains -notamment quand le héros n’est pas forcément le représentant de l’ordre -et s’engage dans la dénonciation, plutôt à l’extrême-gauche à l’instar de Jean-Patrick Manchette, Didier Daeninckx ou Frédéric Fajardie.
A partir des années 1990, le roman noir prend des thèmes plus variés avec Jean-Bernard Pouy, Didier Daeninckx, Tonino Benacquista, ou encore Maurice Georges Dantec.

Certains polars sont du type Action avec traques et courses-poursuites.

C’est le cas de Harlan Coben dans « Six ans déjà » ou « Ne t’éloigne pas… », mais aussi de J.C. Box (« Fin de course ») ou Jeff Abbott (« Last minute ») ainsi que de Stieg Larsson pour « Millenium ». Parmi les auteurs français, on peut citer Pierre Lemaitre pour « Sacrifice » ou Julien Suaudeau pour « Dawa »

Le type « frisson », « thrillers psychologiques »

propose des enquêtes pleines de rebondissements et d’angoisse, où la réalité rejoint parfois la fiction.

– Le surnom de « roi du frisson » a été donné à Linwood Barclay (« Fenêtre sur crime » ou « Contre toute attente »). Jesse Kellerman, fils de Jonathan, donne a ses thrillers des contextes très originaux ( « Les visages » ou « Beau parleur »)
– Les livres de Lars Kepler sont des thrillers psychiques : « L’hypnotiseur » nous plonge dans les souvenirs refoulés d’un enfant témoin du meurtre de sa famille. Dans « Incurables », une chasse à l’homme a pour décor un foyer d’adolescents, menée par Joona Linna, l’inspecteur du « Pacte ».
– la série « Les sanguinaires » de Jean-Luc Bizien ou Romain Sardou (« Pardonnez nos offenses ») proposent des thrillers médiévaux.

Tueurs en série

Dans « Châtiments » de Val McDermid, le profileur devient la cible.
Maud Tabachnik met en scène une serial-killeuse dans « L’ordre et le chaos ».
Dans le « Voleur de regard », de Sébastian Fitzek, des mères de famille sont tuées et leurs enfants enlevés, laissant 25 heures à l’enquêteur, lui-même soupçonné, pour les retrouver.
« Au delà du mal » de Shane Stevens met en scène une personnalité amorale et meurtrière, depuis son enfance….

les Polars évasion :

– Parmi les français : Michel Bussi met en scène la France, y compris d’Outre-mer : les « Nymphéas noirs » à Giverny, « Ne lâche pas ma main » dans l’île de la Réunion …la trilogie Fabio Montale de Jean-Claude Izzo se situe dans le cadre parfumé mais difficile de Marseille
On trouve également Boileau-Narcejac pour « Les magiciennes » ou « L’ingénieur aimait trop les chiffres », Karine Giebel « Purgatoire des innocents », Barbara Abel pour « Après la fin » ou Bernard Minier pour « N’éteins pas la lumière ». Franck Thilliez met en scène un couple de flics du 36 quai des Orfèvres (« Puzzle » ou « Atom(ka)). Sandrine Collette fait vivre, avec efficacité, l’angoisse et l’horreur en France.
– Auteurs belges : « La danse de la Mouette » de Andréa Camilleri met en scène l’inspecteur Montalbano en Sicile. »Back up » de Paul Colize se joue dans le milieu rock des année 1960 en Belgique.
– Auteurs scandinaves :
Jo Nesbo, grand maître de la noirceur avec un peu d’humour, nous emmène parfois en voyage, mais le plus souvent en Norvège.
PLus connus, Arnaldur Indridason (« Le duel » ou « Muraille de lave », des voyages dans le passé) et Henning Mankell (5 nouvelles dans « Tout savoir sur le passé ») nous font vivre la Scandinavie loin des clichés ! Mons Kallentoft, dans « La 5° saison », nous fait vivre dans l’inquiétante forêt suédoise.
Olivier Truc nous fait voyager en Laponie dans « Le dernier Lapon ».
Asa larsson nous propose, dans « Le sang versé » l’enquête originale d’une avocate en Laponie.
– Auteurs Anglo-irlandais :
Peter May, dans « L’homme de Lewis » fait revenir son héros, Fin McLeod, dans son île natale des Hébrides.
« Dans la rue, j’entends les sirènes »de Adrian McKinty se situe dans l’Irlande des années 1980 (2ème volet de la trilogie)
– Auteurs d’autres contrées :
Kishwar Desai, auteur indien, utilise son intrigue pour dénoncer la place des femmes en Inde.
Qiu Xiaolong, auteur chinois installé aux Etats-Unis, place ses intrigues à Shanghai des années 1990 à nos jours. On y trouve une dénonciation du système politique, mais aussi la vie quotidienne dans la Chine contemporaine.
Gustavo Malajovich dans le « Jardin de bronze », nous promène dans un Buenos Aires fantastique et mystérieux.
Dans « Le double portrait » et « Une balade dans la nuit », George Pelecanos nous entraîne dans les rues de la capitale américaine.
Roger Smith dénonce les excès et la violence de l’Afrique du Sud moderne dans « Le piège de Vernon » et « Le sable était brûlant »
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A venir : les Polars historiques, politiques, scientifiques, les Polars ésotériques et les Polars fantastiques