Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de la paix 2015

Svetlana Alexandrovna Alexievitch est écrivain et journaliste biélorusse, dissidente soutenue par le PEN club (Association internationale de promotion de la littérature et de la liberté d’expression) et la fondation Soros.

Née d’un père biélorusse et d’une mère ukrainienne, Svetlana Alexievitch a fait des études de journalisme à Minsk. Journaliste de formation, elle débute dans la littérature à la faveur de la perestroïka, en 1985.

Son oeuvre : L’auteure a consacré son oeuvre à dénoncer les périodes soviétique et post-soviétique, à l’aide de très nombreux témoignages, patiemment enregistrés au magnétophone ; ses livres, à la lisière du documentaire, sont bâtis à partir de récits personnels, tous patiemment collectés, dans un souci de vérité et de justesse. « Je vais vers l’homme pour rencontrer son mystère ».

– « La guerre n’a pas un visage de femme » (1985) : des centaines de témoignages de femmes sur la Seconde Guerre mondiale en URSS telle qu’elles l’ont vue et vécue au sein des armées soviétiques. D’après son éditeur, elle a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes dont beaucoup étaient à l’époque à peine sorties de l’enfance.

– « La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse » (1997) a reçu de nombreux prix prestigieux pour son roman .

– « Les cercueils de zinc » (1990) : évocation des soldats soviétiques rapatriés d’Afghanistan dans des cercueils de zinc. Un témoignage de la guerre d’Afghanistan, composé de plusieurs centaines d’entretiens de soldats, d’officiers, de mères et de veuves de combattants. Son éditeur rappelle qu’elle sveta osé violer en 1990 l’un des derniers tabous de l’ex-URSS: «Elle a démoli le mythe de la guerre d’Afghanistan, des guerriers libérateurs, celui du soldat soviétique que la télévision montrait en train de planter des pommiers dans les villages alors qu’en réalité, il lançait des grenades dans les maisons d’argile où les femmes et les enfants étaient venus chercher refuge. (…). Elle privait les jeunes gars revenus de la guerre de leur auréole d’héroïsme: ces garçons avaient perdu leurs amis, leurs illusions, leur sommeil, ils étaient devenus incapables de se refaire une vie et sont devenus aux yeux de leur entourage, et cela dès le premier extrait paru dans la presse, des violeurs, des assassins et des brutes.»

– « Ensorcelés par la mort » (1995) : Confessions de russes dupés par la propagande, déçus du communisme,qui ont tenté de se suicider ; certains y sont parvenus et c’est alors leur entourage qui témoigne.

– « Derniers témoins » (2005) : recueil des souvenirs d’hommes et de femmes qui étaient encore des enfants dans les années 1940.

– « La supplication Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse » (2004) :  il a fallu trois ans d’enquête. Elle a interrogé les hommes et les femmes ayant subis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et retranscrit leurs témoignages sur leurs sentiments, leur souffrance, leur état d’esprit et leur vision de la vie après l’accident.

« La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement« (2013) :  Comme d’habitude, ses armes, ce svet2sont un magnétophone et un stylo. Son objectif est de garder vivante la mémoire de cette tragédie que fut l’URSS, de raconter la petite histoire d’une grande utopie. Dans une forme littéraire polyphonique, elle fait résonner les voix de centaines de témoins brisés, des humiliés, des offensés, des staliniens impénitents…

Elle a également été lauréate du Prix Remarque, en Allemagne et de Prix Témoin du Monde de Radio France Internationale